Montagne

Stations de montagne : le trafic d'été se prépare en janvier

Dans à peu près toutes les stations avec lesquelles j'ai travaillé, le réflexe est le même : on pense au site web en octobre, quand la saison approche. C'est six mois trop tard, et cela fait rater une saison entière.

Le décalage entre la recherche et la réservation

Les gens ne cherchent pas leurs vacances au moment où ils partent. Pour un séjour au ski, le pic de recherches se situe entre septembre et novembre, et la décision se prend souvent avant décembre. Pour l'été en montagne, les recherches démarrent en février et culminent en avril-mai.

Une page publiée en novembre pour la saison d'hiver arrive après la décision d'achat. Une page publiée en juin pour l'été suivant arrive à l'heure.

Or une page nouvellement publiée met généralement trois à six mois avant d'atteindre son plein potentiel dans Google. Additionnez les deux délais : le contenu qui doit performer en octobre doit exister en avril.

La saison oubliée

C'est le sujet sur lequel je vois le plus d'occasions manquées. Beaucoup de stations ont un site entièrement construit autour de l'hiver, avec une rubrique « été » reléguée en bas de menu et trois paragraphes génériques.

Pourtant l'été en montagne est un marché en croissance continue, avec une concurrence bien moindre qu'en hiver. Les requêtes autour du VTT de descente, de la randonnée familiale, des lacs d'altitude ou des activités par temps de pluie sont largement moins disputées que « forfait ski » — et elles amènent une clientèle qui réserve.

Traiter l'été comme une saison à part entière, avec ses propres pages et son propre calendrier éditorial, est souvent le gain le plus rapide pour une station. C'est exactement le travail que je mène sur les bike parks et les domaines skiables.

Un calendrier de publication réaliste

PériodeCe qu'on préparePour quelle saison
Janvier – marsPages activités estivales, hébergements été, événementsÉté suivant
Avril – juinPages hiver, forfaits, écoles de ski, séjoursHiver suivant
Juillet – aoûtBilan de l'été, collecte d'avis, contenu photoAnnée suivante
Septembre – octobreAjustements, actualités, offres de dernière minuteHiver en cours

Le principe est contre-intuitif mais tient en une phrase : on écrit sur l'hiver au printemps, et sur l'été en hiver. C'est aussi la période où vos équipes ont le temps de le faire.

Les contenus qui fonctionnent en montagne

Trois familles reviennent systématiquement dans les données que j'analyse.

Les questions pratiques

« Quel forfait choisir pour deux jours », « où se garer », « la station est-elle adaptée aux débutants », « que faire avec un enfant de trois ans ». Ces pages ont un volume de recherche stable, une concurrence faible, et elles rassurent au moment exact où le visiteur hésite.

Les contenus météo et conditions

L'enneigement, l'ouverture des remontées, l'état des sentiers. C'est le contenu le plus consulté d'un site de station, et souvent le plus mal traité — relégué dans un widget qui n'apporte rien au référencement. Une page bien construite sur les conditions capte un trafic considérable et fidélise.

Les alentours

Les visiteurs ne cherchent pas que votre station : ils cherchent une région. Les villages voisins, les lacs, les cols, les producteurs locaux, les alternatives par mauvais temps. Ce contenu vous positionne sur des recherches bien plus larges que votre seul nom.

La clientèle internationale

Une station de moyenne ou haute altitude reçoit des visiteurs britanniques, belges, néerlandais, allemands. Une traduction automatique bâclée dessert plus qu'elle ne sert : Google la détecte, et le visiteur aussi.

Mieux vaut deux langues réellement travaillées — français et anglais — qu'un menu déroulant proposant huit drapeaux et huit versions illisibles. Sur une mission récente pour un prestataire de loisirs, la version anglaise a représenté à elle seule une part significative de la progression.

Ce qu'il ne faut pas attendre

Le référencement d'une station ne produit pas d'effet en trois semaines. Sur une année complète, en revanche, il change la structure du trafic : moins de dépendance aux comparateurs et aux tour-opérateurs, plus de visiteurs qui arrivent directement chez vous, et une clientèle estivale qui n'existait pas dans vos statistiques.

Parlons de votre saison

J'habite en montagne et je travaille avec ses acteurs : stations, hébergeurs, prestataires d'activités, agences immobilières. Trente minutes pour regarder où vous en êtes et ce qui est atteignable d'ici la prochaine saison.

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